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🏠 Comment fonctionne l’assurance loyers impayés ?

Le guide complet pour les propriétaires et investisseurs à Paris

Louer un bien immobilier est souvent une opération équilibrée entre rendement et risque. D’un côté, le propriétaire perçoit des loyers réguliers — source de revenus et amortissement du capital investi. De l’autre, il s’expose à des aléas : impayés, dégradations, procédures longues, départs précipités.

C’est pour sécuriser cette relation entre bailleur et locataire qu’a été créée l’assurance loyers impayés (GLI) — un dispositif parfois méconnu, souvent sous-estimé, mais essentiel à une gestion sereine.

Cet article de 2 000 mots fait le point complet sur le sujet :

  • Ce que couvre (et ne couvre pas) une GLI
  • Les conditions pour y souscrire
  • Les différences entre GLI privée, Visale et garanties alternatives
  • Et enfin, les bonnes pratiques pour choisir la formule adaptée à votre patrimoine locatif.

1️⃣ L’assurance loyers impayés : définition et principe

L’assurance loyers impayés — ou GLI (Garantie Loyers Impayés) — est un contrat d’assurance souscrit par le bailleur pour se protéger contre le risque de non-paiement des loyers par le locataire.

Elle est généralement proposée :

  • soit par les compagnies d’assurances,
  • soit par les agences de gestion locative,
  • parfois incluse dans les services de gestion clé en main pour les investisseurs.

Le principe est simple : ➡️ En cas de défaillance du locataire (retard, impayé total, départ frauduleux), l’assureur avance les loyers dus au propriétaire, souvent dès le deuxième ou troisième mois d’impayé, puis se charge de la procédure de recouvrement.

L’objectif : garantir au propriétaire la continuité de ses revenus locatifs, même en cas de sinistre.

2️⃣ Ce que couvre une assurance loyers impayés

Une GLI ne se limite pas au seul remboursement des loyers. Elle constitue en réalité un pack de protection complète, qui inclut plusieurs volets.

🧾 a) Les loyers impayés

C’est le cœur du contrat. La plupart des assurances couvrent 100 % du loyer, charges comprises, jusqu’à un plafond variant entre 70 000 € et 100 000 € selon les compagnies. La durée d’indemnisation peut aller jusqu’à 24 ou 30 mois consécutifs.

Exemple : Votre locataire cesse de payer en avril. L’assureur prend en charge les loyers dès mai et continue de verser le loyer mensuel jusqu’à la reprise du paiement ou la récupération du logement.

🪟 b) Les dégradations locatives

Certaines GLI couvrent également les dégradations constatées lors de l’état des lieux de sortie, au-delà du dépôt de garantie. Les plafonds varient selon les contrats (souvent entre 5 000 € et 10 000 € par sinistre). C’est un atout important pour les biens meublés ou rénovés récemment.

⚖️ c) Les frais de contentieux

La procédure de recouvrement d’un impayé est souvent longue et coûteuse : huissier, avocat, tribunal, expulsion. Une GLI bien conçue prend en charge l’ensemble de ces frais juridiques, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’euros.

🚚 d) Les départs précipités ou décès du locataire

Certains contrats prévoient aussi des garanties pour les cas de départ sans préavis, d’abandon de logement ou de décès du locataire, situations où le propriétaire se retrouve sans revenu pendant plusieurs mois.

3️⃣ Ce que la GLI ne couvre pas (ou rarement)

Comme toute assurance, la GLI a ses limites. Voici les principaux cas non couverts :

  • Les loyers impayés avant la souscription du contrat.
  • Les impayés dus à un litige de charges ou de réparations entre propriétaire et locataire.
  • Les locations saisonnières, colocations non déclarées ou baux meublés touristiques, sauf contrat spécifique.
  • Les locataires non conformes aux critères de solvabilité fixés par l’assureur (nous y reviendrons).
  • Les retards de paiement inférieurs à un ou deux mois.

💡 Conseil : relisez toujours les clauses d’exclusion avant de signer. Certains assureurs imposent, par exemple, un plafond de loyer mensuel ou un revenu minimum du locataire.

4️⃣ Les conditions pour souscrire une assurance loyers impayés

Une GLI repose sur un principe essentiel : prévenir plutôt que guérir. C’est pourquoi les assureurs imposent des critères précis pour éviter d’assurer des locataires à haut risque.

✅ a) Des critères de solvabilité stricts

Le locataire doit généralement justifier de revenus au moins 2,7 à 3 fois supérieurs au montant du loyer charges comprises. Sont acceptés :

  • CDI hors période d’essai,
  • fonctionnaires,
  • retraités,
  • indépendants sous conditions (revenus stables depuis 2 à 3 ans).

Les étudiants ou intermittents sont rarement éligibles, sauf si un garant solvable co-signe le bail.

⚠️ b) Pas de cumul avec une caution (sauf exception)

La loi interdit de demander à la fois une caution et une GLI, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Le propriétaire doit donc choisir l’un ou l’autre système de garantie.

🧩 c) Des baux conformes à la loi

Le bail doit être rédigé selon la loi du 6 juillet 1989, signé, daté, et accompagné d’un état des lieux. Un bail non conforme peut entraîner le refus d’indemnisation.

5️⃣ Le coût d’une assurance loyers impayés

Le coût moyen d’une GLI se situe entre 2 % et 3,5 % du loyer annuel charges comprises.

Exemple :

Pour un loyer mensuel de 1 200 €, soit 14 400 € par an, la prime annuelle variera entre 290 € et 500 € selon la compagnie et les options.

Certaines agences de gestion intègrent la GLI directement dans leurs honoraires de gestion locative, ce qui simplifie le suivi et la déclaration de sinistres.

6️⃣ GLI privée, Garantie Visale, ou autre ?

Il existe plusieurs dispositifs pour se prémunir des impayés. Tous n’ont pas le même fonctionnement ni le même niveau de protection.

🏛 a) La Garantie Visale

Proposée gratuitement par Action Logement, la Garantie Visale s’adresse surtout aux locataires jeunes, étudiants ou précaires. Elle couvre les impayés de loyer jusqu’à un plafond (souvent 36 mois), mais uniquement pour des logements à usage de résidence principale.

C’est une alternative gratuite, mais limitée : ➡️ Le bailleur doit relancer le locataire, suivre les procédures, et parfois attendre plusieurs mois avant d’être indemnisé.

💼 b) La GLI privée

Plus souple, plus rapide, et souvent plus complète, la GLI privée couvre les loyers, dégradations et frais juridiques sans plafond mensuel. Elle reste le choix privilégié des propriétaires d’investissement locatif professionnel, notamment à Paris.

🤝 c) Les autres solutions hybrides

Certains bailleurs optent pour des solutions intermédiaires :

  • Cautions bancaires ou garanties loyers solidaires via des fintechs (GarantMe, SmartGarant, etc.)
  • Assurances “impayés partiels” intégrées à la carte bancaire ou à la gestion locative.

Ces produits se développent vite, mais restent souvent limités en durée ou montant d’indemnisation.

7️⃣ En cas d’impayé : la procédure pas à pas

Lorsqu’un impayé survient, le bailleur doit agir vite et méthodiquement pour que son assurance joue pleinement.

1️⃣ Premier impayé

  • Contacter le locataire immédiatement pour comprendre la situation.
  • Envoyer une mise en demeure ou une lettre de relance (certains assureurs l’exigent avant d’intervenir).

2️⃣ Deuxième mois d’impayé

  • Informer l’assureur et fournir les pièces justificatives : bail, quittances, relances, etc.
  • L’assureur prend le relais du recouvrement et enclenche la procédure légale.

3️⃣ Procédure contentieuse

  • Commandement de payer via huissier, puis saisine du tribunal d’instance si nécessaire.
  • En cas de non-régularisation, obtention d’un jugement d’expulsion.

Pendant toute cette période, le propriétaire continue de percevoir les loyers via l’assurance.

8️⃣ GLI et fiscalité : ce qu’il faut savoir

Les primes d’assurance loyers impayés sont déductibles des revenus fonciers. 👉 En régime réel, elles figurent dans la catégorie “frais de gestion et d’assurance”.

Cela permet de réduire la base imposable, améliorant ainsi la rentabilité nette après impôt.

💡 Exemple : pour un propriétaire imposé à 30 % avec 400 € de prime annuelle, l’économie d’impôt sera d’environ 120 €.

9️⃣ Les limites et critiques du système

Si la GLI reste un excellent outil de protection, elle n’est pas exempte de critiques :

  • Critères d’éligibilité trop stricts, excluant de nombreux locataires solvables mais atypiques.
  • Procédures parfois rigides, où une erreur administrative peut retarder le remboursement.
  • Plafonds limités en cas de loyers très élevés (supérieurs à 3 500 €/mois).
  • Souscription opaque quand elle est imposée par certaines agences, sans explication claire des garanties réelles.

Les meilleurs contrats sont donc ceux qui allient simplicité, transparence et réactivité.

🔟 Comment choisir la bonne assurance loyers impayés ?

Voici une grille de lecture simple avant de souscrire :

CritèrePourquoi c’est importantÀ viserDélai d’indemnisationDétermine quand vous serez remboursé< 2 moisDurée de couvertureCertains contrats s’arrêtent après 18 moisMinimum 24 moisFrais juridiques inclusRecouvrement et avocatOui, sans plafondDégradations locativesCouvre au-delà du dépôt de garantiePlafond ≥ 7 000 €AccompagnementGestion du sinistre par l’assureurAssistance complète

💬 Pro tip : privilégiez les assureurs spécialisés dans la gestion locative (FNAIM, Solly Azar, Galian, etc.) plutôt que les banques généralistes.

11️⃣ Assurance loyers impayés ou caution simple ?

La caution (personne physique ou morale qui garantit le paiement du loyer) reste une alternative gratuite mais moins sûre. Elle fonctionne bien pour des locations familiales ou entre particuliers, mais elle implique souvent :

  • des délais longs avant recouvrement,
  • une dépendance à la solvabilité du garant,
  • et aucun accompagnement juridique.

En comparaison, la GLI offre une automatisation et une sécurité professionnelle — un confort psychologique essentiel quand on gère plusieurs biens ou un portefeuille locatif.

12️⃣ Pourquoi c’est essentiel à Paris

Le marché parisien se caractérise par :

  • Des loyers élevés : donc un risque financier fort en cas d’impayé.
  • Une rotation locative rapide : locataires jeunes, souvent sans CDI.
  • Des procédures d’expulsion longues (jusqu’à 18 mois).

Autant de raisons qui font de la GLI une quasi-nécessité pour sécuriser un rendement locatif à long terme.

Pour un propriétaire parisien, quelques centaines d’euros par an peuvent représenter la tranquillité d’esprit d’un an de loyer garanti.

13️⃣ L’avenir de la GLI : digitalisation et inclusion

Le marché évolue :

  • Les néo-assureurs automatisent les vérifications de dossiers en ligne.
  • De nouvelles offres “flexibles” apparaissent pour les baux meublés, colocs, ou locations de courte durée.
  • Des outils d’analyse prédictive évaluent la probabilité de défaut selon le profil locataire.

L’assurance loyers impayés devient plus rapide, transparente et inclusive, ouvrant la voie à une relation propriétaire-locataire plus équilibrée.

🧭 Conclusion : la sérénité, ça s’assure

L’assurance loyers impayés n’est pas un luxe : c’est un outil de stabilité patrimoniale. Elle protège les revenus, le bien, et la relation de confiance entre bailleur et locataire. À Paris comme ailleurs, elle représente le pilier discret d’un investissement bien géré :

Le rendement ne vaut que s’il est régulier. Et la régularité se construit sur la sécurité.