Rue d'Anjou — où l'élégance parisienne se fait discrète et raffinée

Introduction
Dans le 8e arrondissement, la rue d'Anjou relie le boulevard Malesherbes à la rue du Faubourg Saint-Honoré, traversant un secteur résidentiel et commerçant à la fois, situé à quelques pas de l'église de la Madeleine. Cette rue élégante et relativement méconnue du grand public offre pourtant un condensé d'histoire parisienne, entre hôtels particuliers discrets, boutiques de luxe confidentielles et institutions religieuses marquantes. Moins touristique que la rue Royale toute proche, la rue d'Anjou séduit par son atmosphère feutrée, propice à la vie de quartier bourgeoise, tout en conservant une proximité immédiate avec les grands axes commerçants du quartier de la Madeleine. C'est une rue de transition, à michemin entre le faste des grands boulevards et l'intimité résidentielle du quartier de l'Europe.
Histoire
La rue d'Anjou fut percée au XVIIIe siècle, dans le cadre de l'urbanisation du quartier de la Madeleine et du faubourg qui se développait alors autour du nouvel axe royal. Son nom rend hommage à la maison d'Anjou, illustre branche de la famille royale française. La rue connut un développement architectural soutenu sous le règne de Louis XV puis de Louis XVI, avec l'édification de plusieurs hôtels particuliers destinés à la noblesse et à la grande bourgeoisie parisienne en quête d'un cadre résidentiel proche du nouveau Paris élégant qui se dessinait autour de la Madeleine. L'un des édifices les plus marquants de la rue est la chapelle expiatoire, érigée sur ordre de Louis XVIII à l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine où furent inhumés, après leur exécution en 1793, Louis XVI et Marie-Antoinette avant leur transfert à la basilique de Saint-Denis. Cette chapelle, achevée en 1826 sur les plans de l'architecte Pierre-François-Léonard Fontaine, confère à la rue une dimension mémorielle unique dans le paysage parisien. Au XIXe siècle, la rue d'Anjou vit également l'installation de nombreuses ambassades et légations, profitant de la proximité du palais de l'Élysée. Plusieurs écrivains et artistes y résidèrent, attirés par le calme et le prestige du quartier naissant. La rue conserva également, jusqu'au XXe siècle, une vocation commerciale de proximité avec ses commerces de bouche traditionnels, témoins d'une vie de quartier authentique au cœur d'un secteur par ailleurs très administratif et diplomatique.
Architecture
L'architecture de la rue d'Anjou associe harmonieusement les hôtels particuliers du XVIIIe siècle aux immeubles haussmanniens du XIXe siècle. Les façades classiques, en pierre de taille claire, présentent des ordonnancements réguliers, des balcons filants au deuxième étage et des toitures mansardées caractéristiques du style parisien. La chapelle expiatoire, avec son architecture néoclassique sobre et son péristyle dorique, constitue le point d'orgue architectural de la rue, entourée d'un jardin clos qui offre une respiration verte appréciable dans ce secteur très minéral. Les immeubles de la fin du XIXe siècle, construits lors du percement du boulevard Malesherbes sous l'impulsion haussmannienne, complètent l'ensemble avec des façades plus ornementées, agrémentées de balcons en fer forgé ouvragé et de frontons sculptés.
Vie de quartier
La vie de quartier de la rue d'Anjou se caractérise par une activité mesurée mais constante, ponctuée par la présence de plusieurs restaurants réputés et de commerces de bouche de qualité. Le matin, les riverains profitent des boulangeries et traiteurs fins installés le long de la rue, tandis que les employés des nombreuses sociétés et cabinets installés dans les immeubles environnants convergent vers leurs bureaux. L'après-midi, le jardin de la chapelle expiatoire offre un havre de paix apprécié des habitants en quête de calme au cœur de l'agitation du 8e arrondissement. Le soir, plusieurs tables gastronomiques et bistrots chics attirent une clientèle d'affaires et de riverains aisés. La proximité de la Madeleine, du boulevard Malesherbes et de la gare Saint-Lazare assure un accès rapide aux transports en commun, avec les stations Saint-Augustin et Madeleine à quelques minutes à pied. La population du quartier, composée de cadres supérieurs, de diplomates et de familles aisées, confère à la rue une atmosphère résolument bourgeoise et policée.
Marché immobilier
Le marché immobilier de la rue d'Anjou s'adresse à une clientèle aisée composée de cadres dirigeants, de professions libérales et d'investisseurs internationaux séduits par la proximité de la Madeleine et du quartier des affaires. Les biens disponibles sont principalement des appartements familiaux de deux à quatre pièces dans des immeubles haussmanniens ou d'anciens hôtels particuliers divisés, avec parquets d'origine, moulures et cheminées en marbre. Les biens donnant sur le jardin de la chapelle expiatoire sont particulièrement recherchés pour leur vue dégagée et leur calme. Les prix au mètre carré s'établissent ainsi : entre 11 000 et 12 500 euros pour un bien standard à rénover, entre 13 500 et 15 500 euros pour un appartement rénové haut de gamme, et au-delà de 17 000 euros, pouvant atteindre 19 500 euros, pour un bien d'exception avec vue sur jardin ou dans un ancien hôtel particulier. Le marché reste dynamique avec des délais de commercialisation moyens de six à huit semaines pour les biens correctement positionnés en prix, la demande demeurant soutenue de la part d'une clientèle internationale en quête de discrétion et de prestige.
Conclusion
La rue d'Anjou, entre mémoire royale et élégance bourgeoise, constitue une adresse de choix pour qui recherche calme, prestige et proximité immédiate des grands axes du 8e arrondissement. Une rue pour amateurs d'histoire et de discrétion résidentielle de haut standing.
Thomas Herremans